Lundi 29 novembre 2010
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Newsletter BMCRif Octobre 2010
En octobre, BMCRif a fête l'anniversaire de sa première année entière
passée sur le terrain, et grâce au généreux soutien de la Société Zoologique Royale d'Ecosse et aux connaissances des populations locales, nous disposons désormais de plus d'informations sur la
distribution et la population de magots à Bouhachem qu'auparavant.
De plus, notre intérêt pour les macaques a su faire naître un intérêt
également chez les habitants de la région qui ainsi partage leur savoir et leurs informations sur les magots. Beaucoup d'entre eux voient désormais les magots comme quelque chose dont ils peuvent
être fiers. Bien sûr, tout le monde n'a pas changé d'avis sur les singes, mais nous espérons que d'ici un an, la majorité des habitants de la région de Bouhachem verront leur forêt et la
diversité des espèces qui y vivent d'une autre manière, et qu'ils verront également les bénéfices qu'ils pourront tirer du fait d'avoir une espèce aussi intéressante que le magot qui vit dans
leur environnement.
Dans le cadre d'une première tentative pour faire la démonstration de ces
bénéfices, Tamlin Watson a commencé sa campagne de vaccination contre la rage des chiens de trois villages de la région de Bouhachem. Nous vous donnons un peu plus loin quelques informations,
mais vous en saurez plus dans la prochaine newsletter. Pour le moment, nous pouvons vous dire que les gens sont vraiment contents de ce programme de vaccination, et qu'il a également été bien
accueilli par les autorités locale.
Un jeune magot rendu à son groupe
En juin, BMCRif a reçu la visite de Els van Laverien de la Fondation pour
la Conservation des Primates Marocains (MPCE), une ONG néerlandaise. Avec quelques autres ONG (dont BMCRif), MPCE essaie d'enrayer la capture et le commerce, aussi illégal l'un que l'autre, de
jeunes magots dans les montagnes du Moyen Atlas au Maroc. Bien que les captures destinées à alimenter le marché des nouveaux animaux de compagnie (nac) soient rares, BMCRif est extrêmement
vigilant à ce sujet, et nous sommes souvent appelés par nos contacts dans les villages dès qu'ils voient quelque chose de suspect. En l'occurrence, un villageois originaire d'une des villes
proches où il y a un marché trouva sur le bas-côté de la route, un jeune macaque et le prit avec lui. Une personne de notre village appela Ahmed qui se rendit immédiatement sur les lieux où
l'individu était en train de montrer le petit singe pour le vendre à des touristes espagnols ou marocains.
Rien qu'en voyant la photo, vous pouvez vous rendre compte du fait que l'homme ne savait
absolument pas comment prendre soin de ce jeune magot et il aurait sans aucun doute péri si BMCRif n'avait pas été alerté de cette situation. L'homme en question expliqua à Ahmed où il avait
trouvé le petit singe, et comme nous savons énormément de détails sur les groupes qui vivent dans la région, Ahmed a pu ramener le petit. Sa mère, avertie par les cris de détresse de son enfant,
vint vite le récupérer. Le fait qu'un habitant de la région ait appelé BMCRif pour nous rapporter cet incident signifie que quelques personnes se sentent désormais un peu responsable de "leurs"
macaques (ceux qui vivent dans leurs parcelles de forêt). Mais cela prouve également que notre présence permanente sur le terrain et notre envie d'intégrer la population locale au projet sont
deux éléments essentiels à notre réussite.
L'an prochain, nous espérons pouvoir commencer à travailler sur les magots
qui ont été observés dans les montagnes à l'Est du Rif. Ahmed El Harrad a une bonne connaissance de ces montagnes et il a également de nombreux contacts dans la population locale. C'est une zone
où le degré de pauvreté est malheureusement très élevé. Très peu de bébés magots ont été capturés dans cette région pour être vendus aux touristes. Ces macaques sont ensuite exportés illégalement
du Maroc et cela commence à devenir un vrai problème pour le Maroc lui-même. Nous avons rencontrés des magots ayant été relâchés en forêt par leurs propriétaires, une fois que les singes avaient
grandi. Ces animaux soient mouraient de faim, soient essayaient de se rapprocher des humains (villages) pour en obtenir de la nourriture. Certains sont agressifs et peuvent donc présenter un
risque pour les hommes comme pour les autres magots sauvages. Il y eu aussi un magot tué par des jeunes avec leur voiture. Ce genre de comportement inacceptable conduit une frange de la
population locale à considérer les magots comme des objets jetables. Nous espérons qu'en communicant avec les populations locales et en leur enseignant différentes choses au sujet des magots et
de la conservation, nous pourrons prévenir les captures dans l'Est du Rif.
Des nouvelles des magots
Les magots ont subi un difficile, chaud et sec été, et ils ont dû voyager
sur de longues distances pour trouver de la nourriture et de l'eau. Quelques uns des groupes étudiés ont également été dérangés par des convois de voyageurs se rendant à un événement religieux à
Moulay Abdsalom. Les gens vivant en dehors de l'aire de répartition des magots tendent à être très excités dès qu'ils voient un singe, et ces voyageurs ayant eu la triste idée de leur lancer des
objets, les magots venus chercher de l'eau dans cette zone ont vraiment été stressés. De plus, ces voyageurs ont choisi de camper justement à proximité de cet unique point d'eau dans toute la
région, mais ils ont été très heureux de se déplacer après qu'il leur soit expliqué que les magots étaient effrayés et qu'ils n'oseraient pas venir boire s'il y avait des gens à côté. Quoiqu'il
en soit, nous avons tous été très contents une fois que tout le monde fut rentré chez soi !
Programme de santé des chiens de Bouhachem (par Tamlin
Watson)
Après avoir bouclé le financement du programme à la dernière minute, je
revins au Maroc mi-septembre. J'ai parlé (par l'intermédiaire de Mohamed Karmoun) à tous les villageois de Lahcen, Taliamin et Tayenza. Et tous ont accepté, sauf un, que leurs chiens soient
vaccinés et vermifugés. Un examen des excréments des chiens auscultés a montré de lourdes infestations par des parasites internes. En réalisant cette enquête, d'intéressantes données ont été
collectées au sujet de la population de chiens et de sa gestion actuelle. Ces données méritent de plus amples investigations et leur suivi sera réalisé par la suite.
J'ai débuté une surveillance des mouvements des chiens de berger en
utilisant la localisation par GPS et la photographie pour identifier la zone utilisée par les chiens ainsi que leurs habitudes. J'ai également accompagné les bergers et leurs chèvres à travers la
forêt afin d'acquérir une meilleure connaissance de leur vie quotidienne, et afin de pouvoir conduire des entretiens informels qui m'ont permis d'en savoir plus sur leur manière de gérer leurs
chiens, mais aussi de gagner leur confiance.
Le programme de vaccination contre la rage est devenu malheureusement plus
pertinent encore depuis le décès d'une femme d'un des villages participant au programme, puisqu'elle est morte après avoir contracté la rage après avoir été mordue par un animal. Les chiens sont
un des vecteurs de la maladie, il est donc impératif de poursuivre ce programme, spécifiquement parce que ces chiens sont au contact de la faune sauvage chaque jour et ont un rôle important de
garde des troupeaux en forêt.
Notre programme va fonctionner trois semaines cet automne, et si nous
trouvons des financements, nous espérons de le poursuivre l'an prochain. Les responsables vétérinaires de chaque province nous ont vivement soutenu et nous remercions particulièrement le Docteur
El Aoini ben Aissa (Larache). Nous aussi vraiment chanceux d'avoir une assistante vétérinaire qualifiée, Sonia Moles Poveda, de Barcelone, venue en tant que volontaire, à titre gracieux, nous
aider dans cet important travail.
Plus d'informations à venir dans la prochaine newsletter de BMCRif.
Tamlin Watson
BMCRif a vaincu le Mont Toubkal !
Au cours de l'été, le jeune Soulayman El Harrad, âgé de 13 ans, est devenu
le plus jeune membre de la Fédération Royale Marocaine d'Alpinisme à atteindre le sommet du plus haut pic (4165 m) d'Afrique du Nord, le Mont Toubkal, dans le Moyen Atlas. Soulayman est un grand
supporteur de BMCRif et il a atteint le sommet vêtu d'un tee-shirt à l'effigie de BMCRif. Félicitations Soulayman ! Bel effort !
Soulayman est également membre de notre communauté Facebook –
Barbary Macaque Conservation in the Rif http://www.facebook.com/group.php?gid=108304019192845. Nous avons
désormais plus de 450 membres. Rejoignez-nous, ou si vous êtes déjà membre de notre groupe, invitez des amis à se joindre à nous et ainsi aidez-nous à faire parler des magots au Maroc et dans le
reste du monde !