Les animaliers de la Vallée des Singes vous font part des dernières actualités du parc concernant les primates qui y sont représentés.
Vous trouverez également des dossiers concernant des espèces en particuliers ou des évènements remarquables.

Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /2009 03:12

En septembre 2008, nous vous annoncions la première naissance gémellaire de ouistitis argentés (Callithrix (mico) argentata) de notre couple nouvellement formé.

Cette naissance tant attendue avait réjouit toute l'équipe de soigneurs étant donné la rareté de l'espèce en captivité (70 individus recensés en Europe et seulement 10 naissances par an !).
A croire que notre couple de ouistitis argentés se plait et a trouvé un certain bien être à La Vallée des Singes puisque le 17 février dernier, leur soigneur animalier découvrit avec joie la présence de deux nouveaux bébés bien accrochés aux poils de leur mère. Elle venait de mettre au monde pour la deuxième fois des jumeaux, seulement 5 mois et une semaine après leurs frères ! Cette fois-ci, notre couple ne perdit pas de temps à se reproduire de nouveau ; la gestation chez cette espèce étant de 5 mois ! A vrai dire, chez les Callithricidés, famille de primates dont font partie ces ouistitis, les naissances sont souvent très rapprochées, tous les 4 mois ½ ou 5 mois selon les espèces.
Dans le groupe, on distingue à peine ces nouveaux bébés tout blanc tant ils se confondent dans les poils blancs argentés des parents. On arrive à les repérer uniquement à leur petit visage rosé qui ressort de ce blanc et à leur queue plus sombre.
L'arrivée de ces bébés a également apporté un peu plus d'agitation dans la famille. Les parents s'échangent les petits comme à l'accoutumée mais maintenant les deux autres jeunes du groupe très intéressés veulent eux aussi participer et porter les bébés. Mais leur maladresse et leur manque d'expérience entraînent parfois des petites chutes des nouveaux nés, toujours sans gravité. C'est alors que la mère très attentive à ces scènes vient très vite récupérer le bébé tombé dans l'épaisse couche de copeaux de bois installée pour amortir ces petites cascades.
Vous pourrez très vite retrouver cette petite famille de ouistitis argentés sur leur territoire boisé dès le 21 mars prochain !
Par La Vallée des Singes - Publié dans : Les singes
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 17:41
Notre correspondant en République du Congo nous écrit :
« Cela fait déjà 6 mois que je suis sur le site de Mondika à travailler sur le projet d'habituation des gorilles des plaines de l'ouest. Tout se passe toujours très bien. Nous sommes rentrés dans la saison sèche depuis la mi-novembre. Du coup, les températures ont quelques peu chutées mais cela reste très raisonnable ; une moyenne de 18°c la nuit et 30°c en journée. Par conséquent, la pluviométrie est moindre mais ce sont des orages terribles qui prennent le relais ; à titre d'exemple en 1h30, il peut tomber jusqu'à 146 millimètres d'eau !!!!

Camp sur le site de Mondika

Au niveau de l'habituation du second groupe de gorilles « Bouka Mokongo » (voir l'article du 21/11/08), l'évolution est très positive. Depuis le début de la saison sèche, c'est la période dite de transition au niveau de leur alimentation. Ainsi, on les voit récolter et déguster des fruits faisant partis de leurs fruits préférés mais qui sont aussi très rares. Les gorilles vont petit à petit modifier leurs habitudes alimentaires pour se tourner essentiellement vers des herbes de hautes qualités nutritives qui leur apportent des protéines végétales et de l'eau. Nous sommes ainsi contraints de les pister dans des zones de fourrées très denses où l'accès n'est jamais évident !!!
Toutefois, ils mangent également quelques fruits fibreux, riches en apport glucidique. Il s'agit entre autre du fruit du Klainedoxa gabonensis, appelé Bokoko en Ba-Aka (dialecte des pisteurs pygmées de République Centrafricaine). Cette plante est couramment utilisée dans la médecine traditionnelle comme principe antibactérien et antitumoral (traitement de nombreuses maladies telles que des dermatoses). Les gorilles mangent également un fruit dur, très fibreux mais très riche en sucre : le Duboscia macrocarpa, Nguluma. Au niveau des lipides, ils les trouvent en mangeant les graines d'un fruit d'un arbre de la famille du mimosa, le Tetrapleura tetraptera, Ekombolo. Cet arbre serait utilisé comme principe anticonvulsivant.
Nous les avons observé de nombreuses fois manger feuilles et écorces d'un des grands arbres de la forêt tropicale : le Celtis mildbraedii, Ngombe. Cette disposition en hauteur dans les arbres nous permet de réaliser de très bons contacts et de voir de nombreux individus du groupe.
A bientôt ». Matthieu

Par La Vallée des Singes - Publié dans : La Conservation
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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /2009 09:52

Beaucoup de visiteurs nous demandent comment nous occupons nos journées d'hiver pendant la période de fermeture du parc au public. Sans doute craignent-ils que nous nous ennuyions...? Ce n'est pourtant pas le cas. D'abord, parce que les animaux sont toujours sur place. Et puisque aucune espèce de singe n'hiberne, il faut bien continuer de s'en occuper, de les nourrir, de nettoyer et d'aménager leurs cages, dans lesquelles ils passent beaucoup plus de temps que pendant la belle période de l'année.
La saison hivernale nous permet d'entretenir le parc et surtout de réaliser les travaux d'aménagement. Il est en effet beaucoup plus pratique pour nous de pouvoir circuler avec des engins lorsqu'il n'y a pas de public.

Cet hiver, c'est le tour de l'île des Capucins à épaules blanches de subir un sérieux lifting ! Les deux énormes chênes centenaires qui ornent leur île avaient sérieusement besoin d'être protégés. Les capucins aiment beaucoup soulever l'écorce pour pouvoir capturer les insectes qui se cachent dessous, pour lécher la sève ou bien encore, tout simplement pour s'amuser ! Ils ne se reposent que le soir venu : ce sont des petits hyperactifs !





Des aménagements naturels devraient empêcher les singes de continuer d'abîmer ces deux arbres magnifiques, mais il nous fallait donc leur donner d'autres structures, d'autres agrès à escalader, d'autres moyens de se déplacer sur leur grande île. C'est pourquoi les travaux ont aussi consisté à implanter de nombreux mâts naturels, qui seront ensuite reliés les uns aux autres par des cordes ou des branches afin de multiplier les parcours possibles.

Vous trouverez donc une île totalement réaménagée lorsque vous reviendrez nous rendre visite à partir du 21 mars prochain ! Et nul doute que les capucins s'y amuseront comme des petits diables !

Par La Vallée des Singes - Publié dans : Les singes
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 18:00

Certains d'entre vous se demandent peut être ce que deviennent les pensionnaires de La Vallée des Singes pendant l'hiver. Sont-ils déménagés ? Restent-ils dans les bâtiments tout l'hiver ? Peuvent-ils sortir sur les territoires ?
En fait, la politique du parc est de laisser les primates évoluer en semi-liberté aussi longtemps que les conditions climatiques le permettent. Ainsi, bon nombre d'espèces telles que les gorilles, les chimpanzés, les capucins sont libres de circuler comme bon leur semble. Ils peuvent bien sûr rester dans leur bâtiment respectif chauffé entre 18 et 20 °C selon les espèces, ventilé et humidifié (70 % en moyenne) ou bien profiter de leur territoire. Il n'est pas rare de voir les gorilles profiter de belles journées ensoleillées d'hiver.
Pour d'autres espèces plus fragiles (lémuriens, saïmiris, ouistitis, tamarins), dès que les premiers jours de froid apparaissent, les soigneurs animaliers installent de grandes volières extérieures sur leurs territoires de sorte qu'ils puissent profiter de l'air libre et ce, en toute sécurité. En effet, pour ces espèces, une sortie prolongée à basse température pourrait avoir des conséquences graves (les singes disposant d'une queue risquent de la perdre en cas de gel) voir même leur être fatal.
Pour d'autres, l'arrivée de l'hiver est synonyme de grande liberté. Les magots ou macaques de Barbarie vivant sur le parc restent toute l'année dehors ! Ces singes originaires de l'Atlas marocain peuvent supporter des amplitudes thermiques de - 20 à + 45 °C. Leur pelage évolue en fonction des saisons. De ce fait, ils vivent à l'extérieur jour et nuit, été comme hiver. On peut vraiment dire que cette espèce profite pleinement de son territoire voire même de l'ensemble du parc. Ainsi, en période de grand froid comme à la fin de l'année passée, les canaux qui délimitent les territoires des différentes espèces de primates ont tous gelé, obligeant les singes à rester dans leurs bâtiments par mesure de sécurité, sauf pour les magots ! Ils ont quant à eux tiré profit de la situation pour traverser les canaux gelés et se balader sur l'ensemble des territoires, tout en restant bien évidemment dans les limites clôturées du parc.
Cela reste une situation particulière et forte amusante de voir ces singes faire du « patinage » sur les canaux ou de les voir évoluer dans la neige !
Par La Vallée des Singes - Publié dans : Les singes
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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /2008 15:53

Rappelez-vous, le 24 août dernier, nous vous présentions le travail d'habituation de gorilles de plaines de l'Ouest en République du Congo, sur le site de Mondika (Parc national de Nouabalé Ndoki), en vue de développer l'écotourisme au sein de ce parc.
Voici les dernières informations reçues de notre correspondant, bénévole sur le projet :

« Bonjour à tous ! Voici les nouvelles concernant l'habituation du 2ème groupe de gorilles.
Premièrement, nous lui avons donné un nom ; ce dernier a été choisi par les pisteurs en fonction de l'habitat que fréquente ce groupe la majorité du temps : Bouka Mokongo.
En Ba-aka, langue des pisteurs pygmées de République Centrafricaine, cela signifie « Casser le dos ». Si on décompose ce mot, Ebouka signifie « les fourrées denses » et Mokongo, « le dos qui souffre. En fait pour suivre ces gorilles, nous sommes obligés de traverser cette végétation luxuriante et travailler en grande partie en rampant à travers des amas de lianes.
En ce qui concerne le protocole d'habituation, il se divise en 6 phases (protocole mis en place par Dian DORAN, primatologue de renommée mondiale, de l'Université de Stony Brouks, New York).

        1. Fuite et peur accompagnées de vocalisations

        2. Départ immédiat dès notre présence détectée

        3. Agressions et menaces : charges + vocalisations

        4. Agités mais restent + Menaces

        5. Conduite curieuse et agression des femelles

        6. Ignorance, abstraction de notre présence

En ce moment, nous sommes dans la phase de transition entre le 3 et 4ème point, le mâle au dos argenté ne nous a pas encore accepté, mais nous pouvons rester en contact direct à une distance de 10 mètres même parfois pendant 10 minutes. C'est bon signe ; si nous ne perdons pas les traces et pouvons par conséquent suivre le groupe quotidiennement, à priori d'ici décembre le dos argenté nous aura accepté.
En tout cas, l'évolution des contacts est très positive ; les spécialistes sont étonnés de la vitesse à laquelle va le protocole (avec Kingo, mâle du groupe déjà habitué, cela avait mis 7 ans !!!!).
Le travail le plus long sera l'habituation avec les femelles car elles ont vraiment des difficultés à accepter la présence de l'homme.
En ce moment, le suivi n'est pas évident car les gorilles fréquentent régulièrement une zone appelée Baï (en Ba-Aka : « Le village des éléphants »). Il s'agit en fait d'une vaste clairière proche d'un cours d'eau, fréquentée par de nombreux mammifères qui viennent s'y nourrir sur la végétation aquatique. Les gorilles s'y rendent principalement pour manger une herbe aquatique (Hydrocharis chevalieri ou " Kongwasica ") et encore deux espèces de fruits (Nauclea diderrichii, Grewia oligoneura).
La présence de nombreux groupes de gorilles sur le site de Mondika (4.5/Km2) rend parfois le pistage difficile lorsque différentes traces se chevauchent ou encore quand il y a une interaction entre un mâle solitaire et le groupe ou bien entre 2 groupes. De plus, la végétation dense dans cette région ne facilite pas notre travail : partout où les gorilles passent nous pouvons également passer mais en mettant 3 fois plus de temps...

A bientôt ». Matthieu

Par La Vallée des Singes - Publié dans : La Conservation
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