Vous trouverez également des dossiers concernant des espèces en particuliers ou des évènements remarquables.
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Camp sur le site de Mondika
Au niveau de l'habituation du second groupe de gorilles « Bouka Mokongo » (voir l'article du 21/11/08),
l'évolution est très positive. Depuis le début de la saison sèche, c'est la période dite de transition au niveau de leur alimentation. Ainsi, on les voit récolter et déguster des fruits faisant
partis de leurs fruits préférés mais qui sont aussi très rares. Les gorilles vont petit à petit modifier leurs habitudes alimentaires pour se tourner essentiellement vers des herbes de hautes
qualités nutritives qui leur apportent des protéines végétales et de l'eau. Nous sommes ainsi contraints de les pister dans des zones de fourrées très denses où l'accès n'est jamais évident
!!!
Toutefois, ils mangent également quelques fruits fibreux, riches en apport glucidique. Il s'agit entre autre du fruit du Klainedoxa gabonensis, appelé Bokoko en Ba-Aka (dialecte des
pisteurs pygmées de République Centrafricaine). Cette plante est couramment utilisée dans la médecine traditionnelle comme principe antibactérien et antitumoral (traitement de nombreuses maladies
telles que des dermatoses). Les gorilles mangent également un fruit dur, très fibreux mais très riche en sucre : le Duboscia macrocarpa, Nguluma. Au niveau des lipides, ils les trouvent
en mangeant les graines d'un fruit d'un arbre de la famille du mimosa, le Tetrapleura tetraptera, Ekombolo. Cet arbre serait utilisé comme principe anticonvulsivant.
Nous les avons observé de nombreuses fois manger feuilles et écorces d'un des grands arbres de la forêt tropicale : le Celtis mildbraedii, Ngombe. Cette disposition en hauteur dans les
arbres nous permet de réaliser de très bons contacts et de voir de nombreux individus du groupe.
A bientôt ». Matthieu
Beaucoup de visiteurs nous demandent comment nous occupons nos journées d'hiver pendant la période de fermeture
du parc au public. Sans doute craignent-ils que nous nous ennuyions...? Ce n'est pourtant pas le cas. D'abord, parce que les animaux sont toujours sur place. Et puisque aucune espèce de
singe n'hiberne, il faut bien continuer de s'en occuper, de les nourrir, de nettoyer et d'aménager leurs cages, dans lesquelles ils passent beaucoup plus de temps que pendant la belle période de
l'année.
La saison hivernale nous permet d'entretenir le parc et surtout de réaliser les travaux d'aménagement. Il est en effet beaucoup plus pratique pour nous de pouvoir circuler avec des engins
lorsqu'il n'y a pas de public.
Cet hiver, c'est le tour de l'île des Capucins à épaules blanches de subir un sérieux
lifting ! Les deux énormes chênes centenaires qui ornent leur île avaient sérieusement besoin d'être protégés. Les capucins aiment beaucoup soulever l'écorce pour pouvoir capturer les
insectes qui se cachent dessous, pour lécher la sève ou bien encore, tout simplement pour s'amuser ! Ils ne se reposent que le soir venu : ce sont des petits hyperactifs !
Des aménagements naturels devraient empêcher les singes de continuer d'abîmer ces deux arbres
magnifiques, mais il nous fallait donc leur donner d'autres structures, d'autres agrès à escalader, d'autres moyens de se déplacer sur leur grande île. C'est pourquoi les travaux ont aussi
consisté à implanter de nombreux mâts naturels, qui seront ensuite reliés les uns aux autres par des cordes ou des branches afin de multiplier les parcours possibles.
Vous trouverez donc une île totalement réaménagée lorsque vous reviendrez nous rendre visite à partir du 21 mars prochain ! Et nul doute que les capucins s'y amuseront comme des petits diables
!
« Bonjour à tous ! Voici les nouvelles concernant l'habituation du 2ème groupe de gorilles.
Premièrement, nous lui avons donné un nom ; ce dernier a été choisi par les pisteurs en fonction de l'habitat que fréquente ce groupe la majorité du temps : Bouka Mokongo.
En Ba-aka, langue des pisteurs pygmées de République Centrafricaine, cela signifie « Casser le dos ». Si on décompose ce mot, Ebouka signifie « les fourrées denses » et Mokongo,
« le dos qui souffre. En fait pour suivre ces gorilles, nous sommes obligés de traverser cette végétation luxuriante et travailler en grande partie en rampant à travers des amas de lianes.
En ce qui concerne le protocole d'habituation, il se divise en 6 phases (protocole mis en place par Dian DORAN, primatologue de renommée mondiale, de l'Université de Stony Brouks, New
York).
1. Fuite et peur accompagnées de vocalisations
2. Départ immédiat dès notre présence détectée
3. Agressions et menaces : charges + vocalisations
4. Agités mais restent + Menaces
5. Conduite curieuse et agression des femelles
6. Ignorance, abstraction de notre présence
En ce moment, nous sommes dans la phase de transition entre le 3 et 4ème point, le mâle au dos argenté ne nous
a pas encore accepté, mais nous pouvons rester en contact direct à une distance de 10 mètres même parfois pendant 10 minutes. C'est bon signe ; si nous ne perdons pas les traces et pouvons par
conséquent suivre le groupe quotidiennement, à priori d'ici décembre le dos argenté nous aura accepté.
En tout cas, l'évolution des contacts est très positive ; les spécialistes sont étonnés de la vitesse à laquelle va le protocole (avec Kingo, mâle du groupe déjà habitué, cela avait mis 7 ans
!!!!).
Le travail le plus long sera l'habituation avec les femelles car elles ont vraiment des difficultés à accepter la présence de l'homme.
En ce moment, le suivi n'est pas évident car les gorilles fréquentent régulièrement une zone appelée Baï (en Ba-Aka : « Le village des éléphants »). Il s'agit en fait d'une vaste
clairière proche d'un cours d'eau, fréquentée par de nombreux mammifères qui viennent s'y nourrir sur la végétation aquatique. Les gorilles s'y rendent principalement pour manger une herbe
aquatique (Hydrocharis chevalieri ou " Kongwasica ") et encore deux espèces de fruits (Nauclea diderrichii, Grewia oligoneura).
La présence de nombreux groupes de gorilles sur le site de Mondika (4.5/Km2) rend parfois le pistage difficile lorsque différentes traces se chevauchent ou encore quand il y a une interaction
entre un mâle solitaire et le groupe ou bien entre 2 groupes. De plus, la végétation dense dans cette région ne facilite pas notre travail : partout où les gorilles passent nous pouvons également
passer mais en mettant 3 fois plus de temps...
A bientôt ». Matthieu