Dimanche 22 juillet 2007
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Dans notre message du 6 juillet dernier, vous avez lu nos découvertes à Juanjui.
Après avoir recueilli toutes les informations possibles sur les titis observés dans ce village (prélèvements de poils pour réaliser des tests ADN, prises de photos et enquêtes auprès des propriétaires d'animaux), nous reprenons nos expéditions vers le sud, vers un endroit où pour l'instant personne n'a observé de titis! Nos objectifs restent très clairs.., vérifier dans un premier temps la présence de notre fameux titi (comme le laisserait entendre un journaliste de Juanjui), et ensuite tenter de répondre aux questions qui vont se poser : s'agit-il vraiment de la même espèce que celle trouvée vers Moyobamba? Partage-elle son habitat avec une autre espèce de titis? Existe-il une barrière géographique pour la répartition du titi?
Les premières expéditions dans cette zone nous ont déjà apporté de très bons résultats puisque nous avons eu l'opportunité de filmer des titis sur la rive gauche du Huallaga! Ces vidéos montrent clairement une différence de couleur avec les titis observés vers Moyobamba ! Alors peut-on parler d'une nouvelle espèce, ou simplement d'une variation de couleur ?
Mais, nous devons aussi répondre a une autre question importante : le titi d'Alto Mayo aurait-il réussi à traverser le Huallaga, fleuve tout de même assez large et constituant une barrière naturelle pour beaucoup d'autres espèces de primates?
Nous avons traversé le Huallaga pour chercher des titis vers Pajarillo. Notre expédition a montré que de nombreux titis sont présents de ce côté mais, nous n'avons pas encore eu la chance de les apercevoir, donc nous ne savons pas de quelle espèce il s'agit. Le titi est tellement difficile à voir qu'il peut vocaliser à 10 mètres et être impossible à repérer! Les données recueillies par les travaux d'autres chercheurs montrent que l'espèce de titis présente de ce côté doit être le titi à front blanc. Nos interviews et la capture d'un titi à front blanc (Callicebus discolor) par des braconniers dans cette zone semblent corroborer ces résultats. Mais, ça ne veut pas pour autant dire qu'il n'y a pas de titis d'Alto Mayo (Callicebus oenanthe) ! Nous allons continuer notre recherche.
Toutes ces expériences nous aident à connaître la culture péruvienne, ses bonnes et ses mauvaises choses, comme pour tout.., mais surtout à la comprendre! Comme depuis le début de cette aventure, toutes nos expéditions ne pourraient se faire sans l'aide des locaux. Nous tenions d'ailleurs à rendre un petit hommage à un petit garçon dont l'aide fut très précieuse et qui du haut de ses 9 ans connaît les titis comme s'il faisait partie de leur famille!
Par Antonio
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Publié dans : Projet titi
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Vendredi 6 juillet 2007
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16:28
Un titi d'Alto Mayo
La recherche du Titi par le Sud continue, et il semble que les surprises n’arrêtent pas !
Notre voyage progresse vers
la Province de Mariscal Cáceres où Juanjui est la ville la plus importante.
Comme d’habitude, lorsque nous arrivons dans un endroit encore inconnu, nous essayons d’établir des liens avec la population locale afin d’obtenir les informations nécessaires à l’avancée du projet. C’est là où Juanjui nous a donné plein d’espoir sur nos hypothèses !
La raison pour laquelle nous avons choisi cette ville est qu’elle se situe à proximité d’une zone qui pourrait être une barrière naturelle entre deux espèces, la rivière Huallaga ; une rivière dont la largeur semble suffisante pour imaginer que deux espèces différentes de Titi puissent vivre sur chaque rive du Huallaga.
Mais jusqu'à maintenant, les publications nous informent seulement de la présence éventuelle du Titi à front blanc (Callicebus discolor) de l’autre coté du Huallaga (sur la rive droite), mais rien sur l’observation de titis de notre coté (sur la rive gauche du Huallaga).
C’est là où nos contacts ont été très importants à Juanjui. Dans cette ville, nous avons été les spectateurs d’un trafic d’animaux important, qui se passe sans aucun contrôle ! Les gens nous ont fait confiance pour nous montrer leurs animaux de compagnie : des Capucins, des Atèles, des Saïmiris, différentes espèces de perroquets et …, deux espèces de Titi !!! Et voilà …, un Titi à front blanc (Callicebus discolor) et un Titi del Alto Mayo (Callicebus oenanthe).
Après avoir établi un questionnaire le plus complet possible, nous avons réussi à recueillir de nombreuses informations sur ces animaux : leur lieu de provenance, les auteurs supposés de leur capture… Et…, pour l’instant nos hypothèses semblent se vérifier : Callicebus discolor vivrait sur la rive droite du Huallaga et Callicebus oenanthe sur la rive gauche du Huallaga !
Mais ces données n’ont été établies que d’après les interviews menées ; il faudra donc vérifier par nous même de la localisation exacte de chaque espèce.
On espère que nos petites publications dans ce blog vous rapprocheront un peu de notre recherche !
Un titi à front blanc
Par Antonio
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Publié dans : Projet titi
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Mardi 26 juin 2007
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10:26
Les expéditions du côté Sud de l’aire de distribution estimée ont commencé. Le but sera de déterminer la limite géographique du Titi vers la ville de Tarapoto où l’altitude descend considérablement et où la pression humaine reste très forte.
Pour les premières expéditions, nous partons sur les données recueillies au cours de précédentes explorations réalisées par d’autres collègues. Ils ont écouté des vocalisations de titis dans cette zone, mais ils n’ont jamais réussi à déterminer l’espèce. Personne jusque là ne connait l’espèce de Titi présente dans cette zone !
C’est pour cela que nous sommes très contents de vous annoncer que nous sommes parvenus à trouver l’espèce de Titi présente à cet endroit ..., Callicebus oenanthe !!! On a même réussi à les filmer dans un endroit très éloigné de la distribution estimée.
Cette découverte montre que l’aire de distribution de cette espèce est plus grande que celle que d’autres collègues avaient publiée. Par ce fait, ce Projet Titi soutenu par Le Conservatoire pour
la Protection des Primates, obtient des résultats très intéressants et apporte beaucoup de lumière à la communauté scientifique. Donc…, voilà, merci surtout à tous les collaborateurs d’avoir participé à ces résultats en nous soutenant.
Mais le bonheur apporté par la découverte n’a pas été complet puisque nous avons été les spectateurs de l’immense déboisement dans cette zone ; une zone qui pourrait représenter un vrai paradis pour le Titi dans la région de San Martín.
La fragmentation de l’habitat et la remarquable facilité que trouvent les chasseurs pour accéder aux endroits où les Titis habitent, fait que cette espèce se trouve dans une dynamique dangereuse pour sa conservation.
La grande pression dont souffre le Titi est observable tout de suite par son attitude, lorsque l’on a la chance de le trouver. Les individus qui nous repèrent partent rapidement ! ; comportement très différent d’autres espèces moins menacées comme le tamarin à tête brune, Saguinus fuscicollis qui passe quelques minutes à te regarder et te vocaliser.
On espère que cette découverte vous motive autant que nous....
Par Antonio
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Vendredi 22 juin 2007
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14:11
Parfois, la recherche des titis demande plus d’efforts. La semaine dernière, nous les avons cherchés dans une zone très reculée, loin de grandes routes. S’y rendre en voiture n’était pas du tout envisageable et même à pied, cela semblait compliqué. Il était donc nécessaire pour nous d’organiser une petite expédition.
L’année dernière, notre guide Fernando a visité le village de San Luis. Ce village est très petit, une trentaine de familles seulement y vivent. Ces habitants qui essayent de gagner leur vie en produisant du café sont des colonisateurs : ils se fixent sur un terrain qui ne leur appartient pas sans que les autorités n’interviennent.
Au cours de sa visite, Fernando a entendu les chants des titis dans la forêt autour de San Luis. Or, aucune donnée n’est connue sur la présence du titi dans cette région. Il était donc intéressant pour nous de voir s’il y avait vraiment des titis dans cette zone et si oui de quelles espèces il s’agissait. Pour arriver à San Luis, il faut compter au moins 4 heures et demi de marche qui ne sont pas 4 heures et demi de ballade courtoise mais qui ressemble plutôt à une marche physique à travers les montagnes. Avant de partir, nous avons chargé une mule pour porter nos tentes, nourriture et autres bagages. Après avoir traversé une région encore assez boisée, nous sommes arrivés à San Luis. Les gens nous ont chaleureusement accueillis, il faut dire qu’il y a rarement des visiteurs dans cette région et surtout pas des « gringos ». Nous leur avons montrés des photos des titis, et ils les connaissaient !
Après une nuit passée au côté de nombreux moustiques, nous avons cherché pendant trois heures des titis, sans trouver aucune trace des ces animaux. Dommage ! Nous devions maintenant revenir pour confirmer la présence des titis dans cette région. Après un match de foot improvisé avec les enfants du village nous sommes partis. Il a plu toute la route, ce qui n’a pas amélioré la qualité des sentiers déjà très périlleux. Complètement épuisés, nous sommes arrivés à l’endroit où notre voiture nous attendait.
Avec les informations obtenues, nous sommes très satisfaits de notre excursion, même sans avoir pu observer les titis.
Par Jan
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Vendredi 25 mai 2007
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17:03
Notre étude se passe bien. Nous avons visité déjà une vingtaine de sites pour chercher des titis, et nous avons trouvé des animaux dans douze d'entre eux. Ça ne veut pas dire qu’il en reste beaucoup. La plupart des sites sont des petits fragments de forêt avec seulement 2 ou 3 groupes de titis. Ces fragments vont sûrement disparaître dans les prochaines années, donc ces titis n’ont pas beaucoup d'avenir. Nous espérons trouver bientôt une forêt plus grande avec ces singes, mais je ne pense pas qu’il y en ait. Au cours de l'une de nos expéditions, nous avons visité une gare d’autobus. Notre guide nous a dit qu’il y a souvent des animaux à vendre, bien sûr illégalement. Et oui, très vite nous avons aperçu un singe aussi rare que le titi, un singe laineux à queue dorée.
Cette espèce de singe vit très haut dans les montagnes du Pérou et est très difficile à observer. Nous connaissons seulement un animal qui a vécu en captivité, dans les années 70 au zoo de Lima. Le fait que depuis deux ans quelques animaux apparaissent sur les marchés montre que les gens vont de plus en plus loin dans la forêt pour cultiver du café ou pour couper le bois. Une grande menace pèse donc sur ce singe rare.
Ce pauvre singe était attaché à une palissade, avec peu d’espace et pas à boire. Le vendeur nous a informé que le singe aimait surtout manger des glaces ! A notre retour chez IKAMA Pérou, Hélène (co-fondatrice du projet IKAMA) a directement contacté les autorités. Et quelle grande surprise : ils ont réagit rapidement. L’animal a été saisi et il (il s’agit d’un mâle d’environ 2 ans) est arrivé le soir même à Moyobamba, non pas transporté dans une caisse ou dans une cage, mais simplement assis sur le siège arrière d’une voiture, entre deux autres passagers ! Nous l’avons pris rapidement et amené au refuge. Il y a reçu de la bonne nourriture et quelques traitements vétérinaires préventifs. Il va très bien. La même semaine, un deuxième singe laineux à queue dorée a été trouvé par d’autres chercheurs dans un village dans les montagnes. Il s’agissait encore d’un bébé, très petit et fragile. Sa mère a sûrement été tuée pour être mangée. Ikama s’occupe donc maintenant de deux individus de cette superbe espèce en voie d’extinction. Nous espérons ne pas en trouver plus… Pour ceux qui souhaitent soutenir IKAMA pour leur travail de conservation au Pérou, merci de nous contacter.
Par Jan Vermeer
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